Est-ce que les chewing-gums font grossir ? Les chewing-gums sans sucre, alliés ou ennemis de votre ligne

Glissé dans presque toutes les poches, le chewing-gum accompagne nos journées entre deux repas, après le café ou avant un rendez-vous important. Mais derrière ce geste anodin se cache une question que beaucoup se posent sans jamais oser vraiment creuser : mâcher un chewing-gum, même sans sucre, peut-il finir par se voir sur la balance ? Entre idées reçues et véritables mécanismes physiologiques, il est temps de démêler les fils de cette habitude si répandue.

Ce qu'il faut retenir

  • La consommation de chewing-gums, qu'ils soient sucrés ou sans sucre, n'a qu'un impact calorique très limité sur la prise de poids quotidienne.
  • Les versions sans sucre utilisent des édulcorants pour remplacer le sucre traditionnel tout en réduisant l'apport énergétique par unité.
  • Le mouvement de mastication peut entraîner de l'aérophagie et des ballonnements, pouvant nuire au confort digestif, surtout chez les personnes sensibles.
  • Bien que certains suggèrent un effet coupe-faim, les études scientifiques ne confirment pas de baisse significative de la sensation de faim ou de la glycémie.
  • Les chewing-gums sans sucre présentent des avantages réels pour l'hygiène bucco-dentaire en neutralisant les acides grâce à la salivation.
  • Il est recommandé de limiter sa consommation à un maximum de 10 chewing-gums par jour pour éviter les effets secondaires digestifs et tirer profit de ses bénéfices modérés.

Chewing-gum et prise de poids : démêler le vrai du faux

La France occupe une place de choix dans ce petit marché mondial, puisqu'elle se classe deuxième consommatrice au monde juste derrière les Américains. Chaque Français mâche en moyenne près de 490 grammes de chewing-gum par an, un chiffre qui témoigne de l'ancrage profond de cette habitude dans notre quotidien. On pourrait d'ailleurs se demander comment un si petit objet a pu s'imposer à ce point, un brin comme une madeleine de Proust version moderne et sucrée ou non.

La composition des chewing-gums classiques versus sans sucre

Les chewing-gums traditionnels affichent une composition assez chargée en sucre, avec près de 90% de leur poids consacré à cet ingrédient. Cette proportion explique en grande partie pourquoi les versions sans sucre ont fait leur apparition sur le marché, notamment avec la marque Freedent qui a lancé ce concept dès 1989. Depuis, les formules se sont diversifiées, remplaçant le sucre par des édulcorants tout en conservant une base commune faite de gomme de base, d'arômes, de colorants et de conservateurs. Cette architecture chimique, bien que discrète, mérite d'être connue pour comprendre ce que l'on mâche réellement chaque jour.

L'impact calorique réel d'un chewing-gum sur votre balance

Du côté des calories, les écarts entre les deux catégories sont notables. Un chewing-gum sucré apporte environ 372 calories pour 100 grammes, tandis que la version sans sucre en propose seulement 230 pour la même quantité. Ramené à l'unité, puisqu'un chewing-gum pèse environ 2 grammes, cela représente à peine 7,5 calories pour un gum sucré et 5 calories pour un gum sans sucre. Des chiffres qui restent globalement anecdotiques face aux besoins énergétiques quotidiens d'un adulte, mais qui ne doivent pas être totalement négligés en cas de consommation excessive et répétée.

Les effets de la mastication sur la digestion et le ventre

Au-delà des calories, c'est surtout le geste répété de mastication qui interroge les scientifiques et les diététiciens. Ce mouvement, apparemment inoffensif, active en réalité plusieurs mécanismes digestifs qui méritent d'être expliqués en détail. l'article a été publié le 25 juin 2023 par Lise Lafaurie, qui rappelle que la relation entre chewing-gum et digestion reste complexe et parfois contradictoire selon les études menées sur le sujet.

Comment mâcher un chewing-gum influence votre système digestif

Mâcher un chewing-gum stimule naturellement la production de salive, un phénomène qui peut avoir plusieurs conséquences sur l'organisme. Cette salivation accrue participe notamment à la prévention des caries en neutralisant certains acides présents dans la bouche. Certaines études suggèrent également que cette mastication pourrait contribuer à réduire le stress ainsi que les brûlures d'estomac chez certaines personnes sensibles. Toutefois, une étude menée en 2013 a montré que le chewing-gum n'impacte ni la sensation de faim ni la glycémie de manière significative, ce qui vient nuancer certaines croyances populaires sur ses vertus coupe-faim.

Ballonnements et aérophagie : les conséquences d'une mastication prolongée

Le revers de la médaille se manifeste souvent par des désagréments digestifs bien connus. En mâchant, on avale inévitablement de l'air, ce qui peut provoquer des ballonnements et des flatulences chez de nombreuses personnes. Cette aérophagie répétée peut, à terme, perturber le confort digestif et s'avérer particulièrement inconfortable pour les personnes souffrant du syndrome du côlon irritable. Certains spécialistes évoquent même un lien possible avec des migraines chez les consommateurs les plus assidus, sans oublier l'impact environnemental non négligeable de la pollution plastique générée par ces petites gommes à mâcher jetées un peu partout.

Chewing-gums sans sucre : avantages et précautions pour votre santé

Malgré ces quelques bémols, les chewing-gums sans sucre conservent des atouts réels lorsqu'ils sont consommés avec modération. Leur rôle dans l'hygiène bucco-dentaire reste particulièrement apprécié par les professionnels de santé, qui reconnaissent volontiers leurs bénéfices lorsqu'ils sont utilisés à bon escient et non comme une solution miracle pour la ligne.

Les bénéfices pour la santé bucco-dentaire et le contrôle de l'appétit

Une étude menée en 2015 a révélé que les personnes mâchant du chewing-gum consommaient en moyenne 68 calories de moins lors des repas suivants, suggérant un effet modérateur sur l'appétit. Par ailleurs, certains mastiqueurs pourraient brûler jusqu'à 5% de calories supplémentaires grâce à ce mouvement répétitif associé à une légère dépense énergétique. Il existe même des chewing-gums minceur intégrant des plantes comme le guarana ou la maca, réputées pour stimuler le métabolisme. Néanmoins, ces effets restent modestes face à l'ensemble du métabolisme de base et de la dépense énergétique totale, aussi appelée TDEE, qui déterminent véritablement le déficit calorique nécessaire pour perdre du poids. D'autres recherches nuancent ce tableau, indiquant que le chewing-gum pourrait paradoxalement influencer les choix alimentaires vers une consommation moindre de fruits, ce qui interroge sur son rôle réel dans une alimentation équilibrée.

Recommandations diététiques pour une consommation responsable

Face à ces informations parfois contradictoires, les professionnels s'accordent généralement sur une consommation raisonnable de 5 à 6 chewing-gums par jour, avec un maximum de 10 à ne pas dépasser. Cette limite permet de profiter des bénéfices sur la concentration et l'hygiène dentaire sans s'exposer aux désagréments digestifs évoqués plus haut. Pour ceux qui souhaitent intégrer cette habitude dans une démarche de gestion du poids, en tenant compte de leur IMC ou de leur poids idéal calculé selon les formules de Creff ou de Lorentz, consulter un diététicien nutritionniste reste la meilleure option. Marine, diététicienne nutritionniste ayant publié sur ce sujet le 2 juillet 2021, rappelle d'ailleurs que chaque organisme réagit différemment et que l'accompagnement personnalisé demeure la clé d'une consommation sereine et adaptée à ses propres besoins énergétiques et macronutriments quotidiens.

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